Autopsie – Monologue pour une comédienne sans travail

Création plateau & loge

Théâtre Joliette – 8, 9 et 10 novembre 2018

Écriture et Mise en scène Geoffrey Coppini / Avec Irina Solano et Geoffrey Coppini / Assistante Elise Py / Création lumière Cléa Oliviero / Son Éric Petit / Costumes – Maquillage & Coiffure live Geoffrey Coppini / Arrangement musical Irina Solano / Construction décor Greg & Co

Durée 1h05

Sur scène, une table, un piano.
Un piano pour la musique, ça adoucit.
Une table pour l’autopsie, passage entre la vie et la mort.
Le corps y est habituellement entreposé, ici la comédienne laisse son rôle pour en investir un autre. Entre les deux, coup de peigne et de pinceau.
Enfin, une scène pour les rôles de son rôle.
Tout commence par un entraînement, une méthode américaine, nous dira-t-elle.
Elle s’entraîne sur la scène d’un théâtre, à moins que ce soit son appartement, pour finir en héroïne de cabaret au rythme d’un playback.
Un homme tourne autour de la comédienne qui n’a de cesse de s’entraîner à jouer. Il la coiffe, la maquille, la dirige dans ses déplacements, il est Lovbörg, son amant, son mari, son père, le metteur en scène, la mort, elle-même…
La comédienne nous parle de grands rôles. Elle sera Phèdre, Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s, une héroïne Hitchcockienne…
Elle s’entraîne sous nos yeux à jouer le personnage mythique d’Ibsen, Hedda Gabler, tantôt classique, tantôt moderne, elle joue, se reprend, hésite.
Après avoir répété ce fameux rôle, elle est engagée pour la pièce Hedda Gabler dirigée par un jeune metteur en scène contemporain, qui a fait le choix de monter Hedda Gabler sans le personnage d’Hedda.
Il lui créera un rôle sur mesure, celui de Diane, personnage cité au détour d’une réplique mais qui, pour des raisons artistiques, devient dans cette adaptation un personnage de premier plan.
La comédienne s’entraîne, peu à peu elle se livre, se transforme.
Qui voit-on, la comédienne ou son rôle ? Elle nous parle de sa solitude, de ses rêves pour mieux nous laisser entendre ses échecs. Elle est toutes les femmes à la fois, les comédiennes ont des visages.
En une phrase, elle change le décor et, de ce fait, le rôle de ses partenaires.
Ce qu’elle nous promet, c’est un final en beauté.

Ce qui était à l’origine une commande (imaginer une performance où je coifferais une comédienne sur scène) s’est transformé en un projet de création où mes deux métiers, metteur en scène et coiffeur de plateau, se complètent.
Cette pièce fait passer au premier plan le questionnement qui traverse habituellement mon travail : celui de faire apparaître l’humain derrière le monstre et inversement.
La transformation ne se fait plus avant mais pendant la représentation.
J’ai toujours cherché à mettre à vue l’acteur qui court derrière son rôle.
En transformant physiquement la comédienne, en superposant ses maquillages et ses coiffures, elle devient étrangère. La figure humaine disparaît peu à peu pour laisser place à une créature : celle de nos souvenirs théâtraux, cinématographiques, de nos rêves et de nos désirs.

Je cherche à faire rêver le spectateur avec des choses ordinaires, faire rêver le spectateur parce que l’acteur raconte des choses ordinaires mais d’une manière extra-ordinaire.

Geoffrey Coppini